Actualités

Parachat Vayéchev : Yossef ou le rôle d’Israël en exil


QUELS SONT LES SUJETS TRAITÉS DANS PARACHAT VAYÉCHEV ?

Le jeune Yossef entre en conflit avec ses frères en leur faisant part d'un rêve dont ils retiennent des allusions au futur rôle de chef de leur frère cadet. Ce conflit s'aggrave et conduit à un acte de vengeance; alors que Yossef leur rend visite, ils le jettent dans un puits et le vendent ensuite à des marchands qui le conduisent en Égypte. Yaacov, le père, reste dans l'ignorance des faits, et croit que Yossef a été victime d'un accident.

Yéouda s'approche de sa belle-fille Tamar; leur fils Péretz sera l'ancêtre de la future dynastie royale de David. Yossef, en Égypte, subit de nombreuses tribulations, mais finit par acquérir un poste de confiance dans la maison de Poutifar, ministre du Pharaon. Il résiste aux propositions de la femme de Poutifar qui, par dépit, l'accuse de l’avoir violentée et le fait jeter en prison.Yossef fait la connaissance de deux serviteurs du Pharaon, le maître boulanger et le maître échanson qui purgent une peine dans la même prison. Yossef interprète leurs rêves et se fait promettre par l'échanson, auquel il prédit une proche délivrance, d'user de son influence pour le faire également libérer. Cependant, l'échanson, élargi et rétabli dans ses anciennes fonctions, oublie la promesse donnée et Yossef reste prisonnier.

La Torah Commentée




Nous abordons ce Chabbat l’histoire de Yossef qui va occuper presque quatre parachiot. La suite chronologique de la vie des Patriarches tranche par rapport au récit de leur vie que nous avons lu précédemment.

En effet, jusqu’à présent, Hachem est apparu pour intervenir directement dans les destinées des hommes qui sont à l’origine de notre histoire : Adam, Noa’h, Avraham, Yits’hak et Yaacov auxquels il s’est manifesté ouvertement.

Pour Yossef, il n’en sera pas de même. Les évènements qui jalonnent sa destinée peu commune semblent être d’ordre absolument naturel, humain. L’amour exagéré de son père envers lui, la jalousie de ses frères, les tentatives de séduction de la femme de Poutiphar, la résistance de Yossef, son emprisonnement et son avènement au pouvoir en Égypte représentent une chaine de circonstances qui, à première vue, ne relèvent pas du miracle.

Et pourtant, Yossef n’oublie pas un instant qu’à travers tous ces évènements, tous ces bouleversements, c’est toujours Hachem qui, de façon cachée, dirige le cours de l’histoire. Dans ces parachioth, la présence du Saint béni soit-Il ne se révèle pas directement par des miracles et Il ne s’adresse pas non plus à l’homme face à face.

Mais dans l’entourage de Yossef, la Providence se percevait dans la vie de tous les jours, même par les non-juifs, car il proclamait à chaque instant « hakol bidey chamaïm » : tout est dans Ses mains.

« Et son maitre (Poutiphar) vit que D. était avec (Yossef) et qu’Il lui faisait réussir tout ce qu’il entreprenait » (39,3).

Rachi explique : « Le nom de D. était fréquent dans sa bouche. »

Sans relâche, Yossef soulignait et rappelait que tout dépend de l’intervention divine. Lorsque Pharaon lui dit : « J’ai entendu de toi que tu savais interpréter les rêves ! »(41,15), il répondit : « Ce n’est pas moi ! C’est D. qui répondra pour le bien-être de Pharaon ! » (41,16).

Yossef n’aurait-il pas pu se taire dans l’espoir que, grâce à son intelligence, on le libèrerait de son cachot ?

Lorsqu’il se dévoila à ses frères, il leur répéta a plusieurs reprises : « Ne soyez pas en colère contre vous-mêmes de m’avoir vendu ici, car c’est pour vous nourrir que D. m’a envoyé (en Egypte) avant vous ». (45,5) Ou encore : « Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici mais D. » (45,8)

Démontrer l’intervention divine dans les choses les plus naturelles, tel est le rôle que Yossef s’est donné en Égypte.

Peut-être pour la même raison fut-il puni de deux ans de prison supplémentaires : solliciter l’aide de l’échanson représentait un petit écart par rapport à sa ligne de conduite.

YOSSEF EN ÉGYPTE, C’EST L’HISTOIRE DU PEUPLE JUIF EN EXIL

Lorsqu’Israël était sur sa terre, l’existence de D. se manifestait ouvertement au Beth Hamikdach.

Dans l’obscurité de la galouth, son rôle non moins sublime est de démontrer au monde, à l’instar de Yossef, la réalité de la Providence cachée, le doigt de D. à travers les évènements apparemment naturels de l’histoire.

Du reste, c’est dans le même ordre d’idées qu’à Hanouka nous allumons huit bougies et non pas sept. La quantité d’huile découverte dans le Temple n’était-elle pas suffisante pour le premier jour ? Ou était donc le miracle du premier jour ?

En réalité, le naturel n’est pas moins extraordinaire que le surnaturel. La première lumière des bougies doit être disposée sur le même plan que les sept autres. Ceci nous rappelle que tout ce qui est « habituel et normal » dépend, dans la même mesure que le miracle, de l’intervention de D. Un autre élément précurseur de notre histoire peut se dégager du récit de Yossef. En effet, si l’on considère chaque étape de sa vie, aucune n’est une suite logique de l’autre :

a) Tout d’abord, Yossef étant le préféré de son père, un bel avenir et un important héritage lui semblent assurés.

b) Pourtant, il se retrouve au fond d’un puits rempli de scorpions, c’est certainement la fin…

c) Cependant, il devient l’homme de confiance et l’Intendant général du ministre égyptien Poutiphar, une situation d’avenir !

d) Soudain, il est jeté au cachot à la suite d’une terrible diffamation et il y finira certainement ses jours.

e) Mais voilà que, du jour au lendemain, Yossef devient le vice-roi tout puissant de l’Égypte.

Par cette suite d’épisodes tout à fait inattendus, la Torah nous montre qu’au fond, ce ne sont pas les éléments sociologiques, politiques, économiques qui déterminent l’Histoire (et en particulier celle du peuple juif). Ce sont, au contraire, des facteurs imprévisibles, apparemment fortuits, dépassant le domaine humain qui tracent notre parcours.

C’est peut-être l’un des points reliant notre paracha avec ‘Hanouka.

Sous la domination d’Antiochus, les Juifs ont vécu l’une des plus sombres époques de leur histoire. Tout historien aurait prédit que la suite logique des évènements serait la disparition pure et simple du peuple juif. Or, c’est à ce moment précis que le royaume de Judée renaquit et, plus fort que jamais, il retrouva son indépendance.

Lorsqu’il n’y a presque plus d’huile,  le miracle se produit et la lumière jaillit !

L’histoire d’Israël ressemble à une suite d’illogismes, à la répétition continuelle de l’épisode de Yossef et de ‘Hanouka.

La meilleure preuve en est que nous sommes toujours là en tant que Juifs.

Si seuls les évènements historiques nous avaient régis, nous ne serions pas ici aujourd’hui. Parfois, nous avons l’impression d’avoir touché le fond du puits et il nous semble que l’huile va manquer. Toutefois, forts de l’expérience de notre histoire exceptionnelle, nous savons que notre situation au plus bas de l’échelle constitue le prélude au redressement du judaïsme. Il incombe à nous tous de participer de toutes nos forces à ce relèvement qui nous mènera à l’ère messianique.


DOMINER SES PASSIONS, MAITRISER SON DESTIN


« Elle (la femme de Poutifar) le saisit par son vêtement… et il (Yossef) s’enfuit au-dehors » (39,12).

Le Midrach commente : ceci est dû au « mérite d’Avraham Avinou à propos duquel il est dit : (D.) le fit sortir dehors ». Yossef a trouvé la force de sortir au-dehors grâce au mérite d’Avraham qu'Hachem fit sortir pour lui montrer sa descendance semblable aux étoiles.

Un autre Midrach nous enseigne que la mer Rouge s’est fendue devant les ossements de Yossef par son mérite car il est dit « la mer a vu et s’est enfuie ».

Comme, auparavant, Yossef s’était enfui pour ne pas fauter avec la femme de Poutiphar, la mer recula devant les ossements de Yossef.

 Quel est le sens de ces deux Midrachim ?

Lorsque D. fit sortir Avraham au-dehors pour lui  montrer les étoiles aussi nombreuses qu’allait être sa descendance, Il lui dit : « Sors de tes spéculations astrologiques ! {Certes, d’après l’horoscope}, Avram, ne peut engendrer mais Avraham aura des enfants » (Rachi 15,5).

Nos Sages nous enseignent que D. a même élevé notre Patriarche au-dessus des étoiles pour les lui faire contempler d’en haut (Rachi) afin qu’il comprenne qu’Avraham ne serait pas soumis au déterminisme des astres.

En vertu de quel mérite D. a-t-Il octroyé à Avraham le pouvoir extraordinaire de transcender les données astrologiques ?

Notre Patriarche a été affranchi de ce déterminisme car il était parvenu à une maitrise totale de ses passions, à une domination complète de sa nature pour la mettre au service de D. C’est pourquoi D. lui a octroyé la faculté d’influencer son propre destin, de le modifier et Il l’a littéralement élevé au-dessus des autres. Si Yossef a trouvé la force de résister chaque jour pendant une année entière au harcèlement de la femme de Poutiphar et de s’arracher à ses tentatives de séduction, c’est en s’inspirant de l’exemple de son aïeul Avraham qui avait su surpasser sa nature pour servir D.

De là, on comprend aisément le second Midrach, à savoir que la mer Rouge a accepté de se fendre devant les ossements de Yossef : devant celui qui a brisé ses tendances naturelles, la mer consentit, elle aussi, à briser sa nature.

Dans cette même paracha, nous voyons qu’il existe une optique totalement opposée à celle-ci.

Rachi pose la question : « Pourquoi le récit de l’histoire de la femme de Poutiphar suit-il celui de Tamar ?

Pour te dire : De même que celle-ci (Tamar) a agi pour le nom de D. car, dans son horoscope, elle s’était vue destinée à avoir des enfants de (Yossef); et elle ne savait pas si ce serait d’elle-même ou de sa fille » (Rachi 39,1).

Selon les conceptions de la femme de Poutiphar, l’homme esclave de son destin est totalement privé de libre arbitre ; la liberté de choisir entre le bien et le mal n'existe pas. Dans cette perspective, le déterminisme de l’homme le conditionne à tel point qu’il légalise et légitime la satisfaction de tous ses désirs, la soumission à toutes ses passions. La particularité des descendants d’Avraham consiste essentiellement en cette assertion : "ein mazal leIsraël", il n’y a de mazal, de déterminisme astrologique, pour Israël.

Dans quelle mesure le Juif peut-il transformer le destin ?

Dans la mesure où, grâce à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvoth, il parvient, à l’instar de ses ancêtres, à maitriser ses passions et ses tendances naturelles. S’il parvient à dépasser sa propre nature, D. lui donnera la force de transformer jusqu’à la nature et le destin de son astre.

Source : Imrei Cohen- Rav Guerchon nous parle 




CHABBAT : RETROUVER LA VISION DES CHOSES

samediIl est dit dans le Talmud : « Une personne perd 1/500e de la lumière que ses yeux perçoivent lorsqu’elle marche à grands pas et court pendant la semaine. Sa vision est restaurée en regardant la coupe de Kiddoush le vendredi soir. » (Chabbat 113a) Que peut bien vouloir dire cette citation ésotérique ? De toute évidence, nos Sages ont voulu nous enseigner quelque chose de primordial, au-delà du sens littéral des mots. Métaphoriquement, ces mots nous enseignent que lorsqu’une personne est émotionnellement engagée dans une affaire pendant la semaine, et court frénétiquement pour s’occuper de ses transactions, alors sa propre perspective sur le monde, ‘‘sa vision’’, se déforme. Durant le Chabbat, chacun a l’occasion de regagner une perspective correcte sur la vie. Le monde extérieur, affaires incluses, s’arrêtent, nous permettant de nous occuper des choses vraiment importantes. C’est la signification de « sa vision est restaurée en observant la coupe de kiddoush le vendredi soir ».

Source : Rav Yitzhak Berkowitz, The Jerusalem Kollel


Faire un don



Partagez avec vos amis :
Découvrez Plus d'articles “Actualités”

Pour Hanouka, aidons les enfants démunis de Jérusalem.

Fermer